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Issiaka Ouédraogo, président du CISAG: « On ne peut pas négocier la souveraineté de notre État avec des bandits de grands chemins appelés terroristes »

Faut-il oui ou non négocier avec les terroristes ? Cette question que bien des Burkinabè se posent, nous l’avons aussi posée au président du Conseil d’information et de suivi des actions du gouvernement (CISAG), Issiaka Ouédraogo au cours d’un entretien qu’il a bien voulu accorder à actuburkina.net. Pour lui, pas question de « négocier la souveraineté de notre État avec des bandits de grands chemins appelés terroristes ». Outre cette question, il s’est également prononcé sur la réconciliation nationale et et bien d’autres sujets de l’actualité nationale. Lisez plutôt!

 

Présentez-nous brièvement votre structure ainsi que ses missions ?

Le Conseil d’information et de suivi des actions du gouvernement (CISAG) est une organisation de la société civile qui a pour objectif principal, l’explication des textes de lois aux populations pour qu’elles s’en approprient. La promotion de la bonne gouvernance, la lutte contre la fraude et la corruption font aussi partie des missions du CISAG.

 

On assiste ces derniers temps à une ruée de partis politiques vers la majorité présidentielle. Comment-appréciez-vous cela ? Ne craignez-vous pas quant à l’avenir de la démocratie dans notre pays ?

La ruée de partis politiques vers la majorité n’est pas une surprise pour nous car le top départ a été donné lors de l’élection du président  de l’Assemblée nationale  en fin décembre 2020, où l’opposition politique s’est fait remarquer par son manque d’ambition et son absence totale en votant pour le candidat de la majorité. Une attitude  que nous avons d’ailleurs dénoncée lors d’une conférence de presse.

Le président du CDP, Eddie Komboïgo vient de prendre la semaine dernière, les rênes du CFOP. Pensez-vous que cette institution qui a enregistré de nombreux départs vers la majorité présidentielle, pourra-t-elle jouer efficacement son rôle de contre-pouvoir ?

 Le président du CDP, Eddie Komboïgo pourra jouer le rôle qui est sien en tant que Chef de file de l’Opposition politique malgré les nombreux départs de partis vers la mouvance présidentielle. Toutefois, le nouveau Chef de file de l’opposition doit incarner l’image d’un vrai opposant dont le rôle est d’être un contre poids au pouvoir en respectant les règles du jeu démocratique. Il doit constamment se mettre à l’esprit que toute action politique doit viser l’intérêt des citoyens. Si tel est le cas, la démocratie aura encore de beaux jours au Burkina Faso.

 

La réconciliation nationale semble être au cœur des priorités du président du Faso, en témoigne la nomination de l’ancien Chef de file de l’opposition pour conduire ce processus. Pour vous, quel serait le schéma indiqué pour parvenir à une réconciliation vraie dans laquelle se reconnaitront tous les Burkinabè ?

 Le schéma de réconciliation nationale dans lequel chaque Burkinabè se reconnaîtra, nous l’avons déjà signifié à notre dernière conférence  de presse. Il faut d’abord des débats francs et sincères avec les différents acteurs de la réconciliation nationale. Qu’une cellule chapeautée par le ministère de la réconciliation nationale soit mise en place. Et qu’avant une quelconque assise ou forum national, que les différentes victimes soient rencontrées par le ministre de la réconciliation nationale afin d’examiner cas par cas les problèmes posés pour éviter des surprises ou des incompréhensions.

 

Lors d’une conférence de presse que vous avez animée, le 11 février dernier à Ouagadougou, vous affirmiez qu’il est prioritaire d’identifier au plus vite, les dossiers devant faire l’objet d’un examen approfondi dans le cadre du processus de réconciliation nationale. Avez-vous une idée de ces dossiers ?

Nous avons dit au cours de notre dernière conférence dont j’ai mentionné plus haut, que l’identification des dossiers devant faire l’objet d’un examen approfondi dans le cadre du processus de réconciliation nationale est un préalable et une nécessité. Parmi ces dossiers, il y a des dossiers de crimes de sang comme celui de Norbert   Zongo et de Thomas Sankara. Il y a les conflits communautaires majeurs comme ceux liés à la chefferie coutumière et au foncier, Il y a enfin les conflits liés aux mouvements syndicaux.  Les autorités ne pourront jamais contenter tout le monde surtout quand on veut bien faire. C’est pourquoi il faut prendre des décisions fortes et courageuses à un moment donné pour donner une leçon à ceux qui pensent que les questions nationales sont une partie de jeu  de hasard.

 

Au cours de la même conférence de presse, vous avez indiqué que les dossiers dont les personnes ont déjà été dédommagées ne doivent plus faire partie du processus de réconciliation nationale en cours.  Dans ce cas de figure, ne craignez- vous pas de laisser une certaine frange en marge de la réconciliation nationale, étant entendu qu’accepter un dédommagement ne signifie pas forcément qu’on a pardonné à ses bourreaux ?

Les victimes qui ont accepté le dédommagement en 2011 peuvent faire partie de la réconciliation nationale pour partager leurs  expériences afin que ce soit une leçon pour tous. Cependant, il n’est pas question que ceux-ci soient toujours considérés comme des victimes ayant droit à un éventuel dédommagement si dédommagement il y en a bien sûr.

 

Pensez-vous que Zéphirin Diabré est l’homme qu’il faut pour réconcilier les Burkinabè entre eux ?

Zéphirin Diabré est l’un des hommes pour conduire la réconciliation nationale au regard de sa connaissance et de son expérience dans le milieu politique  burkinabè  dont il a été un acteur majeur depuis plusieurs années.

 

Le Conseil des ministres du 3 mars dernier a adopté un projet de loi demandant aux députés une prorogation d’un an, le mandat des élus locaux que sont les maires de communes. Y a-t-il, selon vous, des raisons objectives de reporter ces élections municipales qui étaient prévues au mois de mai 2021 ?

La prorogation d’un an du mandat des élus locaux pour nous n’est pas mauvaise en soi dans la mesure où nous avons tous constaté l’échec organisationnel de la CENI aux élections couplées présidentielle et  législatives de novembre dernier que nous avons critiqué. Il faut que les partis politiques s’impliquent dorénavant  pour ne plus laisser à la CENI de tout faire. Ils doivent ainsi avoir un regard sur l’organisation des élections afin de nous éviter le désordre vécu aux dernières élections. Du service de la communication au service informatique de la CENI, un audit sérieux devrait être fait pour recadrer les choses avant les échéances, car nous constatons du laxisme à ces niveaux.

 

De plus en plus, au cours de certains débats, on entend dire qu’il faut accepter de négocier avec les terroristes afin que le pays retrouve sa quiétude d’antan ? Pensez-vous que le gouvernement doit s’inscrire dans cette dynamique ?

A ce sujet, nous sommes formels. On ne peut pas négocier la souveraineté de notre État avec des bandits de grands chemins appelés terroristes.  Nous ne pouvons pas aussi nouer un pacte avec le diable qui, d’ailleurs, à plusieurs visages. Négocier avec des terroristes voudrait dire qu’ils ont été identifiés. Si tel est le cas, que  nos FDS s’en occupent!  Et nous croyons en leurs capacités  à pouvoir, avec des moyens conséquents mis à leur disposition,  de vaincre le terrorisme.

Kiswendsida Fidèle KONSIAMBO

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