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FRANCE : l’ex-président Giscard d’Estaing visé par une enquête pour agression sexuelle

Ann-Kathrin Stracke, journaliste à la télévision publique allemande WDR, a déposé une plainte contre l’actuel membre du Conseil constitutionnel, l’accusant de lui avoir posé la main sur les fesses trois fois lors d’une interview.

L’ancien président Valéry Giscard d’Estaing est visé par une enquête ouverte lundi 11 mai pour examiner la plainte d’une journaliste allemande qui l’accuse de lui avoir touché les fesses fin 2018, a annoncé le parquet de Paris. L’information de cette plainte avait été dévoilée le 6 mai par Le Monde et le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.

Ann-Kathrin Stracke, journaliste à la télévision publique allemande WDR, a déposé une plainte le 10 mars contre l’actuel membre du Conseil constitutionnel, l’accusant de lui avoir posé la main sur les fesses trois fois lors d’une interview effectuée dans son bureau parisien.

L’enquête a été confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), a précisé le parquet. L’avocat de l’ancien chef d’Etat n’a pas souhaité faire de commentaire dans l’immédiat.

« Je suis heureuse d’apprendre que le ministère public a enregistré ma plainte pénale et a décidé d’ouvrir une enquête, a de son côté réagi Mme Stracke. Je suis, bien entendu, à la disposition de la justice française dans le cadre de cette enquête. »

« J’ai décidé de raconter mon histoire parce que je pense que les gens doivent savoir qu’un ancien président français a harcelé sexuellement une journaliste, en l’occurrence moi, après une interview », avait-elle expliqué jeudi, confirmant l’information de cette plainte dévoilée la veille par Le Monde et le Süddeutsche Zeitung.

Des faits remontant à 2018

Les faits se seraient produits le 18 décembre 2018 pendant une interview avec M. Giscard d’Estaing, à l’occasion du 100e anniversaire de la naissance d’Helmut Schmidt, ex-chancelier allemand qu’il a côtoyé au cours de son mandat à l’Elysée (1974-1981).

« Après l’interview, j’ai demandé à pouvoir faire une photo avec M. Giscard d’Estaing et mes collègues. Cette photo a été prise par son assistante qui était dans la pièce. J’étais debout à gauche de “VGE” et, pendant la photo, il a mis sa main sur ma taille gauche, qui a ensuite glissé plus loin vers mes fesses et est restée là », a déclaré Mme Stracke.

Une situation qui se serait répétée deux autres fois juste après : lors d’une nouvelle photo et alors que l’ancien président lui montrait des anciennes images de lui aux côtés d’autres chefs d’Etat ou de membres de sa famille. « J’ai encore essayé de le repousser, mais je n’ai pas réussi », a-t-elle précisé.

Pour se libérer de cette situation qu’elle qualifie de « très dégradante », elle affirme avoir obtenu l’aide de son cameraman qui, renversant un abat-jour et plaçant une chaise entre l’ancien président et elle, a cherché à faire diversion.

Le Monde avec AFP

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