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  ELECTIONS MUNICIPALES SUD-AFRICAINES : L’ANC a du souci à se faire

L’African national congress (ANC), parti au pouvoir en Afrique du Sud depuis la fin de l’apartheid il y a 22 ans, fait face à un test grandeur nature lors des élections municipales qui ont lieu dans tout le pays le 3 août 2016. En effet, les Sud-Africains sont appelés aux urnes pour élire les conseillers municipaux et les maires devant présider aux destinées des populations dans les collectivités territoriales. Les problèmes socio-économiques du pays et les scandales à répétition  du président Jacob Zuma, constituent un lourd passif qui pourrait sérieusement porter préjudice à l’ANC lors de ces élections de proximité.  Outre les dissensions internes (à l’ANC), le parti s’est porté de plus en plus mal depuis la démission forcée du président Thabo M’Béki, du pouvoir, en fin septembre 2008. Ajouté à cela, les Sud-Africains estiment aujourd’hui que l’ANC n’a pas fait assez pour réduire le taux de chômage dans le pays. Et les difficultés d’accès à l’eau et à l’électricité dans bien des townships, expliquent un rejet de plus en plus net du parti par une partie importante des populations. Sans compter la corruption qui mine le fonctionnement de l’administration, qui est décriée jusqu’au plus haut sommet de l’Etat, où le président Jacob Zuma lui-même a été contraint par la Justice de rembourser des millions de rands indûment dépensés dans la réfection de son domicile privé. Un ensemble de faits qui a fait voler en éclats l’unité et la cohésion du parti qui a assisté ces dernières années à l’érosion de son électorat au profit des partis de l’opposition, en l’occurrence le parti EFF du dissident de l’ANC, Julius Malema, et l’Alliance démocratique qui entendent siphonner l’électorat noir traditionnellement acquis à l’ANC.

Les dissensions au sein de  l’ANC sont manifestes

Ces élections municipales du 3 août 2016 vont-elles redessiner la carte politique du pays de Nelson Mandela ? Rien n’est moins sûr, au regard des réalités concrètes sur le terrain. Qu’à cela ne tienne, Zuma reste un problème pour les militants du parti. Si bien que les anciens président et vice-président, Thabo Mbéki et Kgalema Mothlante, ne cachent pas leur agacement vis-à-vis de celui-ci, qu’ils critiquent ouvertement. C’est pourquoi Mbéki, en dépit de ses divergences avec le jeune Malema, n’a pas hésité à recevoir des cadres du parti EFF. Un signe des temps ! Avec une campagne émaillée de violences ayant occasionné l’assassinat d’une dizaine de membres de l’ANC, on assiste à des guerres de factions au sein du parti. Que ce soit à Pretoria, dans la municipalité du Vuwani ou dans certains Townships, les dissensions au sein de  l’ANC sont manifestes. Même à Johannesburg où le mot d’ordre était à l’unité, le gouvernement local n’a pas caché son hostilité vis-à-vis du président Zuma. Comment, dans ces conditions, l’ANC pourra-t-elle faire le plein des suffrages à ces élections municipales et conforter ses positions sur l’échiquier politique ? Le parti pourrait avoir des ressorts suffisants pour rebondir, car malgré ses dehors démocratiques, l’Afrique du sud traîne encore  des pratiques qui ne sont pas loin de celles du Gondwana. Et ce ne sont pas les frasques et autres mœurs liberticides du président sud-africain, qui feront penser le contraire.

Lonsani SANOGO

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