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DRAME DE L’IMMIGRATION DANS LE DESERT NIGERIEN : Un décompte macabre répétitif qui interpelle

 

Le désert nigérien n’en finit pas de faire parler de lui. En effet, pas plus tard que la semaine du 6 au 12 juin, 34 migrants dont 20 enfants qui s’y sont aventurés avec l’espoir de regagner l’Algérie, ont perdu la vie. Ce drame qui n’est ni le premier ni le dernier, heurte la conscience humaine. Ce d’autant plus que parmi les victimes, on dénombre une vingtaine d’enfants. Il traduit à souhait l’approximative qualité de la surveillance du territoire nigérien. Et les autorités de ce pays devraient accepter de se remettre en cause. Car, on ne peut pas continuer à ramasser des corps sans vie de migrants, comme des oiseaux sauvages tombés en plein désert. Mais l’on peut être sûr d’une chose : tant qu’il y aura des vendeurs d’illusions, ce drame continuera. Pour preuve, le Niger a enregistré, ces dernières années, des centaines de morts dans le même désert devenu un tombeau à ciel ouvert pour les migrants. Ce décompte macabre répétitif doit interpeller non seulement les dirigeants nigériens en particulier et africains en général, mais aussi la communauté internationale. Il urge de lutter véritablement contre les passeurs clandestins qui conduisent les migrants à l’abattoir. Certes, ce n’est pas une bataille facile eu égard à l’étendue du désert et aux enjeux économiques. Mais le jeu en vaut la chandelle puisqu’il s’agit là d’une question de vie ou de mort. Du reste, on a le sentiment que les candidats à l’aventure n’ont pas d’autre choix que de mourir sur les dunes de sable ou de périr dans les écumes de la Méditerranée. Car, très peu d’opportunités d’emplois s’offrent à eux.

Il faut agir pour mettre fin au triste spectacle qui traduit l’échec des politiques de développement en Afrique

Les zones d’Arlit et d’Agadez qui constituaient l’Eldorado pour bien des jeunes à cause de leurs richesses, notamment l’or, ne sont plus aujourd’hui que des lieux de misère et de famine, les ressources ayant tari. Le Niger, il faut bien le dire, est en passe de devenir si ce n’est déjà le cas, une véritable passoire pour migrants. Et les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrants parlent d’eux-mêmes. En effet, d’après cette organisation, 60% des migrants qui traversent la Libye pour rejoindre l’Europe par la Méditerranée centrale, sont passés par le pays de Mahamadou Issoufou. Or, dans ce contexte de terrorisme généralisé, la porosité des frontières est source de danger et le Niger qui est dans l’œil du cyclone des djihadistes depuis plusieurs années, devrait davantage faire preuve de vigilance. On aura constaté que depuis que le chaos libyen s’est installé, l’Algérie est devenue le pôle d’attraction des migrants. Tout comme le Niger, ce pays devrait prendre des dispositions pour davantage lutter contre cette ruée des migrants vers ces terres. Quid de l’Union européenne ? Cette organisation devrait aussi prendre à bras-le-corps ce drame des migrants dans le désert nigérien. Si elle a pu freiner l’afflux des migrants clandestins dont le désir était de franchir les portes de l’Europe via la Turquie, grâce à l’accord qu’elle a signé avec cette dernière, elle devrait en faire de même avec le Niger. Dans tous les cas, il faut agir vite pour mettre fin à ce triste spectacle qui traduit l’échec des politiques de développement en Afrique et le repli de l’Europe sur elle-même.

Dabadi ZOUMBARA

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