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DISPARITION DE MILITAIRES AU TCHAD : Une enquête pour mieux étouffer l’affaire

 

Le procureur de la République tchadienne, Alghassim Khamis, a annoncé l’ouverture d’une enquête suite à la disparition d’une soixantaine de militaires tchadiens. Ces soldats dont on dit qu’ils n’ont pas voté pour le président sortant Idriss Deby, se sont volatilisés dans la nature le lendemain de la présidentielle du 10 avril dernier. Et c’est le pouvoir de l’homme fort du Tchad qui est pointé du doigt. Après avoir nié toute implication dans cette affaire, le gouvernement tchadien a présenté à la télévision nationale, des militaires, soutenant que ceux-ci étaient en mission. En tout état de cause, l’argument de la « mission » n’a convaincu personne. C’est le moins que l’on puisse dire, connaissant la nature du régime tchadien qui ne fait pas dans la dentelle quand il s’agit de casser de l’opposant. On peut donc dire que l’ouverture d’une enquête sur la disparition de militaires, est certainement le fait de la pression des familles et de la société civile tchadienne. Les méthodes du pouvoir tchadien ne leur sont pas étrangères. On ne le sait que trop bien, les dictateurs ont une sainte horreur de la contestation. Oser emboucher une autre trompette que la leur c’est, le plus souvent, signer son arrêt de mort. D’ailleurs, les corps de quelques-uns des militaires disparus, ont été découverts et formellement identifiés.

Une enquête internationale pourrait permettre de faire toute la lumière sur cette affaire

A ce qu’on dit, ces dépouilles portaient des stigmates de tortures. S’il s’avérait que ces militaires ont été tués pour n’avoir tout simplement pas voté pour Idriss Deby à la présidentielle, cela serait hautement grave ! Cela montrerait tout le caractère immoral du dictateur tchadien ;

En consentant à ouvrir une enquête, Déby veut certainement se disculper. C’est la preuve qu’il y a bien anguille sous roche. D’ailleurs, il est difficile de donner le bon Dieu sans confession à Déby tant le passé parle en sa défaveur. Faut-il le rappeler, en 2008, Ibni Oumar Mahamat Saleh, alors porte-parole de l’opposition, a disparu et n’a jamais été retrouvé. Sous la pression de la communauté internationale, une commission d’enquête nationale est arrivée à la conclusion qu’il était « selon toute vraisemblance, décédé ». Que réserve cette enquête nationale ? Il ne faut pas s’attendre à grand-chose qui puisse confondre le dictateur tchadien. Une enquête internationale pourrait permettre de faire toute la lumière sur cette affaire. En plus des experts de l’UA et de la CEEAC dont est membre le Tchad, on pourrait aussi associer des représentants de l’ONU ; si tant est que la transparence soit recherchée dans cette affaire.

Thierry Sami SOU

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