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CRISE A TRUE GOLD : Des domiciles et des biens de natifs de la localité incendiés

Chaque jour qui passe voit se détériorer la situation à Namissiguima. Après l’incendie des biens appartenant à la société minière True Gold le 14 janvier dernier, des jeunes révoltés s’en sont pris aux natifs de Namissiguima jugés proches des responsables de la mine. C’était le 16 janvier, lors d’une journée très mouvementée qui a vu le saccage ou l’incendie d’au moins quatre maisons. Un véhicule appartenant à El Hadj Abdoul Bonaf Maïga, frère cadet du Cheick de Ramatoulaye, a également subi la furie des flammes. Pour l’heure, la population rejette toute idée de recevoir le gouverneur de la région du Nord, Hassane Sawadogo.

Décidemment, plus rien ne va à Namissiguima. En effet, après l’incendie des installations de la société minière True Gold le 14 janvier dernier, des jeunes ont décidé, le 16 janvier de s’en prendre aux natifs de la localité jugés « proches » de la société. Dès 10h 50 mn, quelques commerçants du marché central de Namissiguima, inquiets, ont fermé boutique. Des jeunes dont l’âge varie entre 10 et 25 ans prennent en otage la localité, à la recherche des domiciles de personnes jugées proches de la mine d’or de Karama. Les forces de l’ordre sont déployées en grand nombre. Première cible des manifestants : la résidence de l’ex-maire de Namissiguima, Abdoulaye Ouédraogo. Sa cour, toujours en construction, a été mise à sac et incendiée partiellement. Au quartier Toghin, réside un « traître » du nom de Souleymane Tinto. Sa maison sera complètement saccagée et sa moto totalement incendiée. Tinto Charles et Tinto Gérard ont également reçu la visite des « insurgés » qui ont commis les mêmes dégâts à leurs domiciles.

Après les différents quartiers de Namissiguima, les jeunes prennent la direction de Ramatoulaye. Là, ils investissent la maison du petit frère du Cheick Aboubacar Maïga 2, Abdoul Bonaf Maïga. Son véhicule stationné dans la cour a été retiré de force pour être incendié à quelques 2 km environ, dans un espace vide. Pourquoi s’en prendre à toutes ces personnes natives de Namissiguima ? A cette question, les réponses sont diverses. Pour ce qui est de l’ex-maire, on le soupçonne d’être très clément envers les autorités minières, d’être de connivence avec elles. « Depuis le début de notre bagarre avec le Blanc (Ndlr : l’autorité minière), Abdoulaye ne s’est jamais joint à cette lutte. Il ne nous a jamais approchés pour comprendre quoi que ce soit. Nous avons alors compris que c’est un traître à la solde de True Gold », a confié Ali Ouédraogo (15 ans). « Ce monsieur (Ndlr : Abdoulaye Ouédraogo) veut nous vendre avec True Gold et aller vivre tranquillement à Ouahigouya. Il n’en est pas question », a fustigé Abdoulaye Bagagnan (19 ans). Quant à Souleymane Tinto, recruté par la mine, on lui reproche de n’avoir pas respecté un mot d’ordre décrété par les habitants de toute la commune , lui demandant de cesser de travailler à la mine. A en croire les frondeurs, l’homme continuait toujours d’y travailler et à percevoir son salaire. Pire, sa rémunération aurait même été majorée. Quant à Souleymane Tinto, on lui prête également des propos du genre : « Qu’il pleuve ou qu’il neige, True Gold ne quittera pas Namissiguima » ou encore, « Quand vous serez fatigués de manifester, vous resterez tranquilles ».

Les victimes sont toutes des natifs de Namissiguima

Le paradoxe le plus frappant vient de El Hadj Adoul Bonaf Maïga, petit frère du Cheick. Présent à toutes les assemblées générales contre les travaux de la mine, il a pourtant subi le courroux des manifestants. Son crime : il serait de mèche avec les responsables de la mine. Selon une autre version, son véhicule a été incendié pour éviter qu’il naisse une idée de discrimination entre les habitants de Namissiguima et ceux de Ramatoulaye. En effet, toutes les personnes dont les biens ont été brûlés sont toutes de Namissiguima, chef-lieu de la commune.

L’intéressé que nous avons rencontré dit attendre les raisons de l’agression de son domicile. « Je n’ai jamais été de mèche avec True Gold. Qu’on m’en donne la preuve », a-t-il dit.

Lors de la prière du vendredi, Cheick Aboubacar Maïga 2 est revenu longuement sur les derniers évènements qui ont émaillé la localité. A son avis, la patience des populations a duré 4 ans. « Nous avons tout fait pour éviter ces évènements malheureux, mais quand les jeunes sont fâchés, on ne peut plus les contrôler. Nous ne sommes pas contre les autorités administratives, mais nous voulons simplement leur dire qu’elles doivent prendre en compte les préoccupations des populations qui sont légitimes. Que mes bénédictions accompagnent la transition. Que Dieu le Miséricordieux mette sa main sur le Premier ministre Isaac Zida et son gouvernement, afin qu’il y ait des élections apaisées. Le nouveau gouverneur m’a appelé ce matin pour me dire qu’il voulait venir ici ce soir (Ndlr : vendredi 16 janvier), et je lui ai dit qu’il m’est difficile de le recevoir dans ce contexte. Ou bien peut-il venir ? », a-t-il demandé aux fidèles qui ont massivement pris d’assaut la grande mosquée. Ceux-ci ont répondu en chœur que la venue du gouverneur est pour l’instant inopportune. A noter que nous sommes allés vers les responsables de True Gold pour avoir leur version de cette situation qui perdure. Après nous avoir fait attendre longtemps, la société s’est refusée à tout commentaire.

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