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CONDITIONS DE DETENTION DE MEMBRES PRESUMES DE BOKO HARAM : Il faut trouver le juste milieu

Une fois de plus, le Nigeria a été épinglé par Amnesty International. En effet, dans le cadre de la lutte contre la secte islamiste Boko Haram, de nombreux présumés djihadistes ont été appréhendés et incarcérés dans des conditions dégradantes.

Dans un rapport rendu public le 10 mai dernier, l’ONG dénonce une surmortalité de prisonniers, due aux conditions de vie dans la caserne de Giwa. Une prison militaire du Nord du Nigeria où, selon l’ONG, 149 présumés membres de Boko Haram ont trouvé la mort courant 2016. Et parmi les victimes figurent une dizaine de bébés. Ce qui est fort regrettable. En tout cas, ce rapport constitue une mauvaise publicité pour l’Etat nigérian. Mais a contrario, il est aussi la preuve que les lignes bougent dans la lutte contre les insurgés islamistes nigérians. Car, plus d’un millier de civils soupçonnés d’être des sympathisants de ladite secte, ont été arrêtés et détenus dans les geôles de Giwa.

Cela dit, peut-on faire des omelettes sans casser des œufs, surtout dans le cas du Nigeria où il est difficile de faire le distinguo  entre les bons et les méchants, tant les djihadistes avaient infiltré toutes les composantes de la société ?

 

Amnesty International est dans son rôle

 

Toutefois, faut-il le préciser, nombreux sont les jeunes qui ont été enrôlés de force par Boko Haram. C’est le cas par exemple des lycéennes de Chibok qui ont été arrachées à l’affection de leurs parents. Entre perdre la vie et rejoindre Boko Haram, le choix est vite fait.

En tout cas, en publiant ce rapport pour le moins accablant, Amnesty International est dans son rôle qui est de défendre les droits de l’Homme. Toutefois, on peut se poser la question de savoir si tous les cas sont défendables. Car, pour qui connaît les agissements des membres de cette secte qui ont fait de l’horreur une spécialité, on est en droit de se demander s’ils ne méritent pas d’être punis pour l’exemple. Comment en effet, traiter des gens qui ne sont rien moins que des monstres ? Faut-il leur appliquer la loi du Talion ?

C’est là tout le dilemme cornélien auquel se trouve confrontée l’armée nigériane.

En tout cas, un adage enseigne que répondre au coup de pied de l’âne, c’est être plus sot que cet animal ;  d’où la nécessité pour le Nigeria de trouver le juste milieu dans le combat qu’il mène contre la nébuleuse islamiste.

 

Thierry Sami SOU

 

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