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CATASTROPHES NATURELLES : elles coûtent 520 milliards de dollars par an, selon la Banque mondiale

La Banque mondiale estime que les inondations, tempêtes, séismes et tsunamis plongent chaque année 26 millions de personnes dans la pauvreté.

 

L’ouragan Matthew, qui s’est abattu sur les îles Caraïbes et sur la côte sud-est des Etats-Unis entre le 3 et le 6 octobre, a provoqué 2 milliards de dollars (1,85 milliard d’euros) de dommages en Haïti et 7 milliards aux Etats-Unis. Pourtant, il a été beaucoup plus dévastateur en Haïti, où il a fait au moins 546 morts, et 128 disparus, et laissé totalement démunis et sans domicile des centaines de milliers de personnes.

Alors que le Maroc, pays hôte de la COP22, a fait de la lancinante question du financement par les pays du Nord des projets d’adaptation pour faire face aux impacts du réchauffement dans les pays du Sud un des enjeux de la conférence climat, la Banque mondiale publie, lundi 14 novembre, un rapport appelant à prendre la pleine mesure des dommages subis par les populations les plus vulnérables victimes d’une catastrophe naturelle.

Selon elle, les inondations, tempêtes, séismes et tsunamis plongent chaque année 26 millions de personnes dans l’extrême pauvreté (moins de 1,90 dollar par jour) et provoquent jusqu’à 520 milliards de dollars de pertes, un coût de 60 % supérieur aux dommages généralement reportés. « Les catastrophes naturelles ont un impact bien plus fort sur le bien-être que ne le suggèrent les estimations traditionnelles », relève la Banque.

Dans son bilan mondial 2015 sur la réduction des risques de catastrophes, les Nations unies estimaient à 327 milliards de dollars par an en moyenne le total des pertes matérielles dues à ces catastrophes naturelles. « Ces chiffres ne mesurent la sévérité des catastrophes et leurs impacts socio-économiques qu’à l’aune des dommages occasionnés aux bâtiments, aux infrastructures, aux équipements et à la production agricoles. Ils ne décrivent nullement l’impact sur la consommation et le bien-être », souligne la Banque mondiale. Or « ces pertes de consommation et de bien-être sont bien plus élevées que les dégâts matériels et touchent plus sévèrement les pauvres ». Les 20 % les plus pauvres ne subissent que 11 % des pertes matérielles, mais 47 % des pertes de bien-être.

Les individus pauvres sont les plus affectés par les chocs climatiques. Ils sont logés deux fois plus souvent que le reste de la population dans des habitations dites « fragiles », et vivent sur des territoires vulnérables. Au Panama et au Zimbabwe, les populations défavorisées ont un risque 50 % plus élevé d’être touchées par une inondation. Les pauvres perdent aussi beaucoup plus lorsqu’ils sont frappés par un fléau : la part de richesse en moins est deux à trois fois supérieure à celle perdue par les ménages aisés…

« Une perte de 1 dollar ne signifie pas la même chose pour quelqu’un de pauvre ou pour quelqu’un de plus aisé », insiste Stéphane Hallegatte, économiste à la Banque mondiale, qui a dirigé l’équipe à l’origine du rapport…

Face à cette spirale, la Banque mondiale appelle à un renforcement des systèmes de protection sociale, qui, lors d’une catastrophe, peuvent faire office d’assurance auprès des ménages les plus vulnérables. Et à développer leur accès aux services bancaires.

L’Ouganda et l’Ethiopie ont mis en place un système de protection sociale qui permet le versement d’une aide avant que les impacts d’un choc ne deviennent irréversibles et ne plongent les victimes dans l’extrême pauvreté. Au Kenya, les conséquences de la sécheresse de 2015 ont pu être limitées grâce à l’ouverture au préalable d’un compte bancaire aux ménages susceptibles d’être frappés par une catastrophe, et sur lequel a pu être rapidement versée une aide financière dans le cadre du programme sécurité alimentaire (Hunger Safety Net Programme)…

Pour la Banque mondiale, il est d’autant « plus crucial » de compléter les actions visant à réduire l’exposition et la vulnérabilité des territoires et des infrastructures par un renforcement de la capacité des populations à affronter les chocs que les catastrophes naturelles deviendront plus fréquentes sous l’effet du changement climatique, de l’urbanisation et de l’augmentation de la densité de population dans les zones côtières.

 

Lemonde.fr

 

 

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