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CANDIDATURE DU PDCI A LA PRESIDENTIELLE IVOIRIENNE : Laisser prévaloir les principes démocratiques

L’appel de Henri Konan Bédié (HKB) aux militants du Parti démocratique de Côte d’ivoire (PDCI) à soutenir la candidature du président Alassane Ouattara (ADO) à la présidentielle ivoirienne de 2015, continue de faire des vagues au sein du parti de l’éléphant.

Ainsi, après la sortie, le lundi 22 septembre dernier, d’une soixantaine d’élus et de militants du parti pour dénoncer la décision du président HKB, la coordination des planteurs du PDCI-RDA a, au cours d’une conférence de presse tenue le dimanche 12 octobre dernier, désigné Amara Essy comme leur candidat à la convention du parti pour porter le drapeau du pachyderme à la présidentielle de 2015. Car, selon eux, « c’est la seule personnalité capable, à l’heure actuelle, de réconcilier les Ivoiriens, sans tenir compte d’une quelconque appartenance politique, ethnique et religieuse ». Par ce choix, ils réaffirment leur rejet de l’appel de l’Iffou lancé par le Sphinx de Daoukro en faveur d’ADO, car ils ne comprennent pas cet appel de leur président à un soutien total au candidat d’une autre formation politique au détriment de leur propre parti.

Comme on le voit, la maison PDCI est en train de se lézarder dangereusement. Et la question que l’on se pose est de savoir si l’on ne va pas vers une implosion du parti. Une chose est sûre, toute cette agitation nous ramène à des années-lumière du temps du parti unique où un tel débat était pratiquement impensable, surtout après que le prince eut parlé. Mais cette pluralité d’opinions politiques est plutôt positive pour la démocratie. Aussi, en attendant d’évaluer l’amplitude du séisme, faut-il souhaiter que l’on laisse prévaloir les principes démocratiques. Car, dans les faits, les frondeurs n’ont pas totalement tort de décrier la manière de procéder de Bédié, s’ils pensent que c’est dans l’intention de leur « imposer » le candidat ADO. Pour y mettre la forme, c’est dans le cadre d’une convention que Bédié aurait d’abord pu chercher le consensus autour de la candidature d’ADO. Fût-il difficile à obtenir. Puis, apprécier ensuite.

ADO ne devrait pas avoir peur d’une candidature de poids contre lui, en 2015

Toutefois, d’un certain point de vue, la démarche des frondeurs n’est pas différente de celle de Bédié qu’ils vouent aux gémonies. Car, en appelant les militants à soutenir leur candidat sans concertation préalable, ils empruntent le même chemin que Bédié. Et cette cacophonie ne saurait profiter au parti, sinon qu’à étaler sur la place publique leurs divergences internes. Pourtant, même si le président Ouattara n’est pas du PDCI, Bédié n’est pas parti de rien pour lancer son appel en sa faveur. Et s’il l’a fait, c’est en raison de l’alliance historique du PDCI et du RDR dans la grande famille Houphouétiste et sans doute aussi parce que la paix est encore fragile dans cette Côte d’ivoire qui vient à peine d’être remise sur les rails et qui a besoin de se stabiliser dans la durée. Et puis, la collaboration du Président ADO avec son allié du PDCI des rangs duquel est issu le Premier ministre, a permis de remettre le pays sur les chantiers du développement, tout en maintenant les efforts de réconciliation. Pourquoi donc courir le risque de faire voler en éclats un attelage qui fonctionne jusque-là bien ?

Toutefois, ADO ne devrait pas avoir peur d’une candidature de poids contre lui, en 2015. Avec le soutien de Bédié, quel que soit l’attelage adverse, ce sera difficile de battre le candidat ADO qui est à même, tout comme son allié Bédié, de dégager des moyens colossaux pour s’assurer la victoire en 2015. N’est pas crésus qui veut. En plus, le bilan de ADO parle pour lui. Aussi, pour se donner une plus grande légitimité, devrait-il même souhaiter de telles candidatures. Sa victoire n’en serait que plus éclatante. De ce point de vue, l’on ne peut s’empêcher de penser que pour ADO, il n’y a pas véritablement péril en la demeure.

Bédié ne remet pas en cause la tenue de la convention de son parti, telle que stipulée dans les résolutions du 12e congrès. Mais il n’est pas certain qu’en y allant, les frondeurs parviendront à accorder leurs violons autour d’un seul nom.

D’ici là, HKB aura eu le temps de voir ses contempteurs sortir les uns après les autres du bois, pour abattre leurs cartes. Il pourrait se préparer en conséquence pour freiner leur élan, toute chose qui ferait l’affaire de ADO. Pourvu qu’au bout du compte, les principes démocratiques prévalent et que la paix soit sauvegardée en Côte d’ivoire.

Outélé KEIT

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