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Amélioration du secteur de la santé au Burkina: les propositions du Dr Arouna Louré

Dr Arouna Louré, jeune médecin, anesthésiste-réanimateur, à travers ces lignes fait des propositions, dans la perspective d’améliorer le système de santé au Burkina Faso. Lisez- plûtôt!

« Nous avons longtemps espéré un changement profond dans notre système de gouvernance socio-politique afin de faire de la priorité du peuple celle des gouvernants. En tant que patriotes sincères, jamais nous ne pourrons faire l’économie de nos réflexions afin d’apporter notre pierre à la construction d’un Etat de droit où la justice et l’équité sociales permettent de bâtir un Etat-nation de paix et de prospérité.

Ainsi, permettez-nous d’éviter toute forme de formalisme, afin d’être synthétiques et d’être focalisés sur des objectifs bien précis. Nous proposons cinq (05) axes sur lesquels nous pensons que nous pouvons rapidement agir afin de rendre notre système de santé assez performant. Cela dit, un audit externe devra d’être fait, sur au moins les 5 dernières années de la gestion du ministère de la santé.

1) De la gouvernance,

Avant tout espoir de succès dans les différents secteurs de notre nation, il faut savoir que rien ne peut prospérer dans un système national et sectoriel corrompu (les marchés publics, la fiscalité, les payements …), où des mécanismes sont mis en place « légalement » pour piller les deniers publics (missions, commissions, comités, conseillers …).

Ainsi, afin de susciter l’espoir même d’une possibilité de fonctionnalité correcte et digne de notre système de santé, la lutte farouche et implacable contre la corruption et la gabegie sera le premier point. Cela se fera par la vertu (intégrité, patriotisme, compétence, travail, courage, et redevabilité vis-à-vis du peuple) des premiers responsables, la mise en place d’un système d’audit externe annuel, le développement du pool de contrôleur interne, la mise en place effective d’un logiciel de gestion des missions, des commissions et des comités afin de les réduire au strict nécessité de performances ; ramener les inaugurations à leur aspect symbolique tout en échelonnant la participation des différentes autorités : il s’agit là de la bonne gouvernance.

En ce qui concerne les différentes directions, un cahier de charge avec un plan d’objectifs, évalué chaque trimestre par le ministre, sera élaboré.

A cela s’ajoute la redynamisation des administrateurs et du président des conseils d’administrations sur leur rôle dans nos établissements publics de santé et l’augmentation de leur responsabilité personnel dans la mauvaise gestion des centres de santé.

2) De l’organisation du système de soins,

Notre système de soins pèche par son absence d’organisation efficace. Il faut le savoir dès l’entame, les ressources humaines sont la première force de toute entreprise. Alors savoir anticiper sur leur formation et leur fonctionnement est un impératif majeur.

Il s’agit de définir les postes de travail avec les fiches de postes sans oublier les postes de gardes dans les différents hôpitaux et les centres médicaux afin d’exiger le minimum des 35 heures efficaces de travail par agent. Pour respecter l’efficacité de l’accomplissement des tâches par les agents, des mécanismes de contrôle et de sanctions, notamment les conseils de discipline, devront être mis en place. Il faudra également accorder plus d’autonomie de gestion des ressources humaines et financières aux Établissements publics de Santé (EPS), si nécessaire faire la relecture de certains textes de lois qui sont parfois des freins au pragmatisme de certaines situations.

Cela dit, un mécanisme central de contrôle efficace devra être mis en place, tout en faisant la promotion des directeurs généraux plus entreprenants, plus courageux et plus combatifs, qui doivent présenter un projet d’établissement audacieux, réalisable et évaluable pour l’édification d’EPS fonctionnel. Ces derniers auront un objectif minimal à atteindre chaque année, sous peine d’être remerciés.

La mutualisation des ressources matérielles et humaines des services de santé autant que faire se peut, permettra d’utiliser de manière optimale certaines ressources dont la compétence dépasse celle d’un seul centre de santé. Pour terminer sur cette question, un pool d’excellence pour la maintenance biomédicale, notamment préventive, sera développé en partenariat avec certains fabricants (la pré-qualification) qui seront définis au préalable avec l’accord des praticiens.

3) De la gestion des urgences et du système de référence et de contre référence

En plus de rendre effectif et fonctionnel le SAMU, une communication devra être instauré entre les différents centres de santé afin qu’aucun malade ne soit référé sans avoir avisé au préalable le lieu de la référence. Cela évitera non seulement les références absurdes mais aussi éviter l’errance des malades dans les grandes villes. Une organisation efficace de la gestion de nos services d’urgences, avec un pool de tri et d’orientation en amont, permettra de dynamiser ces services qui sont permanemment débordés.

Pour ce faire, il est plus qu’urgent de mettre en place un service de régulation des patients dans les différentes régions via les appels téléphoniques. Nous pouvons d’ores et déjà nous appuyer sur les différentes flottes téléphoniques déjà existantes.

4) De l’opérationnalisation de l’assurance maladie universelle

Cela permettra la prise en charge optimale des malades ; réduira les dépenses de l’État par les cotisations et les taxes spécifiques de santé ; améliorera les revenus des centres de santé qui seront dès lors soumis à une obligation de performance. Par ailleurs dans son exécution, en collaboration avec le ministère de la santé, le volet de la santé communautaire devra être prépondérant. La santé communautaire permettra aux citoyens eux-mêmes de s’approprier la question de leur état de santé afin d’y contribuer activement.

Des décrets sont déjà élaborés et en une année nous avons la possibilité de les prendre en conseils de ministre afin de donner un grand élan à l’avancement de notre système de soins. Nous allons peut-être nous répéter, mais un système de soins sans une assurance maladie universelle et sans une organisation performante des services d’urgences n’est qu’un système de santé préhistorique.

5) Du cadre de concertation et de communication

Il est également nécessaire d’avoir un cadre de concertation et de communication sincère et patriotique entre les différents acteurs de la chaîne de notre système de santé. Cela permettra de régler rapidement et définitivement les questions liées aux avancements et à l’évolution des carrières des agents. De même, cette initiative permettra de définir de concert avec les acteurs (notamment les sociétés savantes) une stratégie holistique de développement des différentes spécialités et des différents sous-secteurs de la santé.

NB : Nous sommes dans un contexte de guerre et nous ne pouvons parler de santé comme une entité isolée. Ainsi, des mécanismes de redynamisation des centres de santé non fonctionnels devront être mis en place dans le cadre de la restauration de l’intégrité et de la dignité du peuple Burkinabè et de son territoire. »

Dr Arouna Louré

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