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AFFAIRE BERETS ROUGES AU MALI: l’incompréhensible lenteur de la justice

Le 30 avril 2012, des bérets rouges de l’armée malienne disparaissaient dans des circonstances jusque-là non élucidées. Réputés pour être proches du président déchu Amadou Toumani Touré (ATT), ces bérets rouges avaient été assassinés après une tentative de contre-coup contre les bérets verts, alors menés par Amadou Aya Sanogo. En mai 2012, un charnier contenant 21 corps est découvert à Diago, non loin de Kati. Le 27 novembre 2013, Haya Sanogo a été inculpé pour « complicité d’enlèvement », charge qui a été requalifiée en « complicité d’assassinats ». Et depuis, les familles des soldats n’attendent que le jugement des personnes inculpées. Après trois ans de détention provisoire, des rumeurs relatives à une liberté provisoire de Haya Sanogo courent de partout. Toute chose qui a poussé l’association des parents et épouses des soldats assassinés à sortir de leur silence en exigeant que justice soit rendue aux victimes.

 

A quel niveau se trouve le blocage ?

 

Au regard de l’incompréhensible lenteur  dont fait preuve la justice malienne dans le traitement de cette affaire, on est tenté de se poser les questions suivantes : Pourquoi les choses ne bougent-elles pas jusque-là ? A quel niveau se trouve le blocage ? Or, il ne devrait normalement pas y avoir d’obstacles, étant entendu que le régime du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) n’est pas directement concerné. Certes, il  est vrai que la justice a sa raison que la raison ignore, mais quatre ans après, on devrait savoir quand même qui a fait quoi, et pourquoi. Car, s’il y a eu des crimes odieux, c’est à la justice que revient la tâche de situer toutes les responsabilités. A moins que IBK qui, on le sait, a bénéficié du soutien de Sanogo lors de la conquête du pouvoir, ne cherche à sacrifier la justice sur l’autel de ses relations personnelles avec l’ex-patron de Kati. Ce qui n’est pas impossible.

En tout cas, pour ce dossier, IBK n’est pas le « Kangeletigui » qu’il dit être. Peut-être craint-il de créer un malaise au sein de l’armée malienne qui, rappelons-le, peine encore à retrouver ses marques dans ce contexte marqué par la montée du péril djihadiste. Et c’est peu dire ! Et autant l’on réclame la justice pour les bérets rouges, autant justice doit être rendue aux soldats maliens qui ont été égorgés au Nord, plus précisément à Agueloch. Il y va de l’unité du Mali.

Françoise DEMBELE

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