La dépouille de l’ancien président burundais Pierre Buyoya, mort en France en décembre 2020 et inhumé au Mali, a été rapatrié mardi 16 juillet dans son pays natal, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) un proche de la famille. L’ancien chef d’Etat, mort à l’âge de 71 ans du Covid-19, n’avait pu être inhumé au Burundi en raison d’une condamnation par contumace à la perpétuité. Il avait été enterré au Mali, où il résidait en tant que haut représentant de l’Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel.
La dépouille est arrivée à Bujumbura mardi, a affirmé à l’AFP un proche de la famille qui a requis l’anonymat : « Il n’y avait pas d’officiels [à l’aéroport] car il s’agit d’une opération organisée par la famille. Mais les autorités burundaises ont pris toutes les mesures administratives et de sécurité. » L’ancien président de la République du Brurundi doit être inhumé mercredi dans la plus stricte intimité sur la propriété familiale à Rutovu, dans le sud du pays.
M.Buyoya avait été condamné en octobre 2020 par contumace, avec une vingtaine d’anciens hauts responsables civils et militaires qui lui étaient proches, pour l’assassinat en 1993 de Melchior Ndadaye, premier président burundais démocratiquement élu (trois mois auparavant) et premier Hutu à accéder au pouvoir. M. Buyoya avait dénoncé « un procès politique mené de manière scandaleuse », orchestré selon lui par le pouvoir en place.
Militaire de carrière, M. Buyoya, un Tutsi, a présidé deux fois le Burundi (1987-1993 et 1996-2003), accédant à chaque fois au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat…
Le Monde avec AFP