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RD CONGO: Kabila seul maître du jeu

Imbroglio sociopolitique ! C’est en ces termes que l’on est tenté de décrire la situation qui prévaut actuellement en République démocratique du Congo (RDC). En effet, pendant qu’au siège de l’Union africaine, à Addis Abeba, le Groupe de soutien à la facilitation d’Edem Kodjo appelle au dialogue, à Kinshasa, l’opposition politique réunie au sein du « Rassemblement », refuse toute idée de pourparlers avec le pouvoir et appelle à la mobilisation pour le respect de la Constitution. La tension est montée d’un cran et cela n’augure rien de bon pour la RD Congo. Car, le seul à profiter du chaos qui se profile à l’horizon, c’est bel et bien le président actuel, Joseph Kabila ; lui qui continue de faire des pieds et des mains pour obtenir son « glissement de calendrier électoral».

En effet, la situation telle qu’elle se présente, ne traduit rien d’autre qu’une stratégie du dilatoire, une manœuvre politicienne des autorités congolaises dont le seul but est d’empêcher la tenue des élections à bonne date, c’est-à-dire trois mois avant le 19 décembre 2016, date à laquelle le président Kabila doit quitter ses fonctions, selon la Constitution congolaise. En fin manœuvrier, le président de la RD Congo vient de sortir une autre carte de sa manche : la révision du fichier électoral, prévue pour le 30 juillet prochain et qui ne pourra prendre fin avant même le 20 décembre prochain. Autant dire qu’on n’est pas sorti de l’auberge.

 Les Congolais doivent surprendre Kabila

 Certes, Joseph Kabila dit vouloir « faire participer le maximum de Congolais au scrutin ». Mais il est clair, depuis le début, que les autorités congolaises ont leur plan : faire retarder les échéances pour demeurer le plus longtemps possible au pouvoir. On comprend donc l’attitude des leaders du « Rassemblement » lorsqu’ils appellent au sursaut patriotique des Congolais. Mais que réservera ce pouvoir congolais à cet appel au sursaut patriotique ? Un bras de fer qui est fort prévisible, ne pourra que raviver les tensions et rendre le pays encore plus instable. Ce qui perturbera davantage le processus électoral. Et là encore, c’est Kabila qui en sortira gagnant, ayant les forces de répression avec lui. Mais si jusque-là, Kabila continue dans son entêtement bovin, c’est parce qu’il sait compter d’abord sur l’incurie dont fait montre la communauté internationale et ensuite sur le manque ou le peu d’engagement du peuple congolais à faire respecter sa Constitution. Il faut donc que la communauté internationale bande les muscles pendant qu’il est encore temps, au lieu de s’employer à louvoyer pour après jouer le « médecin après la mort ».

Les Congolais, pour leur part, doivent surprendre Kabila et son clan afin de  montrer au reste du monde qu’ils refusent de vivre dans l’oppression et selon les désirs d’un seul homme, au pouvoir depuis 2001. Cela, en répondant massivement à l’appel de l’opposition qui est d’ailleurs, d’une certaine façon, celui de l’Eglise catholique qui invite à « un sursaut d’honneur »

 

Adama SIGUE

 

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