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PROCES THOMAS SANKARA : l’accusé Nabonsseouindé Ouédraogo nie des déclarations consignées dans sa déposition

Le commando Nabonsseouindé Ouédraogo fait partie des quatorze accusés dans l’assassinat de Thomas Sankara et de ses douze compagnons. Membre de la garde rapprochée de Blaise Compaoré au moment des faits, il a été le premier à passer à la barre ce 2 novembre 2021 devant le tribunal militaire. Il rejette au cours de l’interrogatoire, des déclarations consignées dans sa déposition.

 Ce 2 novembre 2021, sur interrogatoire de l’avocat Me Ferdinand Nzepa, avocat de la famille Sankara, l’accusé Nabonsseouindé Ouédraogo a déclaré qu’il était à son poste, en tenue de sport en compagnie de deux autres soldats « Porgo Sita et Yougbaré », prêts à aller au sport de masse, lorsque Hyacinthe Kafando a embarqué dans un véhicule avec des hommes. « Il a fait signe de la main de le suivre. Mais il ne s’est pas adressé personnellement à moi », précise l’accusé. Et c’est donc quelques instants après le départ de Hyacinthe Kafando que Nabonsseouindé Ouédraogo affirme avoir entendu des coups de feu. Il s’est donc saisi de son arme, raconte-t-il, avant de se mettte à l’abri dans un bassin entouré de fleurs. Il n’en ressortira que le lendemain aux environs de 9h pour se rendre au domicile de Blaise Compaoré. A la question de savoir de Me Ferdinand Nzépa de savoir pourquoi l’accusé n’est-il pas allé voir ce qui se passait après que les tirs ont cessé au sein du conseil de l’Entente ? Nabonsseouindé Ouédraogo a affirmé qu’il a aperçu des véhicules qui tournaient à l’intérieur du conseil et qu’il a préféré rester dans le bassin par mesure de précaution. Lisant un extrait de sa déposition devant le juge d’instruction, Me Prosper Farama fait remarquer à l’accusé qu’il avait déclaré qu’après les tirs de kalachnikovs, il a entendu le bruit d’une DCA (arme lourde) trente minutes plus tard. A la barre, Nabonsseouindé Ouédraogo a nié ces déclarations. Me Prosper Farama a estimé que dans les affirmations contradictoires de l’accusé, soit ce dernier ment, soit il manque de respect au tribunal. « Il n’y a rien de cohérent dans ce que vous dites » a insisté Me Prosper Farama.

A la reprise de l’audience dans l’après-midi l’accusé Bossobé Traoré faisant partie de la sécurité rapprochée de Thomas Sankara au moment des faits a été appelé à la barre. Il lui est reproché comme son prédécesseur de la matinée complicité d’atteinte à la sureté de l’Etat et assassinat. Il a déclaré à la barre avoir vu le 15 octobre 1987 au conseil de l’entente, des hommes cagoulés descendre d’une 504. Il a affirmé également que c’est Otis Ouédraogo a tiré sur deux de ses camarades à l’aide d’un fusil à pompe. Ses deux camarades sont Der Somda et Abdoulaye Gouem. Quant à lui il a été touché au bras après plusieurs tirs. A en croire Me Ferdinand Nzepa avocat de la famille Sankara Elysée Ilboudo est le seul à avoir dit ce qui s’est passé le 15 octobre. « Traoré Bossobé a fait à la barre, des déclarations assez farfelues », a indiqué Me Ferdinand Nzepa en invoquant l’épisode surprenant des tirs sur lui par Otis Ouédraogo. Et Me Farama de renchérir « on tire sur deux de vos camarades et vous ne prenez pas le temps de vous enfuir.  Mieux, on vous rate dans les tirs. Si Otis Ouédraogo voulait tirer sur lui il aurait de tirer sur la tête et non sut les pieds », a fait savoir Me Prosper Farama. Le comble Bossobé Traoré n’a pas été poursuivi. Selon Me Maria Kanyili, l’avocate de Bossobé Traoré, si l’on s’en tient à la partie civile, le seul tort Bossobé Traoré, c’est d’avoir survécu dans l’assassinat de Thomas Sankara. Si son client a été évacué après ses blessures, c’est bien normal, et on peut considérer cela comme un accident de travail. « Je ne qualifie pas cela de privilège », a affirmé Me Maria Kanyili « Quand j’aurais la parole demain je dirai ce que je pense de ce qui lui est reproché à Bossobé Traoré ». L’audience est suspendue et reprend le 3 novembre 2021 à 9 heures dans la salle des banquets de Ouaga 2000.

Kiswendsida Fidèle KONSIAMBO

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