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GRATUITE DES SOINS POUR LES FEMMES ET LES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS : 120 milliards de F CFA dépensés en 5 ans

Le vendredi 9 octobre 2020, s’est tenue, à Ouagadougou, la 6e rencontre-bilan de mise en œuvre de la gratuité des soins. Une rencontre présidée par le Pr Léonie Claudine Lougué, ministre de la Santé. En cinq ans de la mise en œuvre de cette gratuité, ce sont 70 millions de soins pour un montant global de 120 milliards de F CFA, qui ont été offerts gratuitement aux femmes et aux enfants de moins de cinq ans, principales cibles de cette mesure de gratuité.

 

En juin 2016, le ministère de la Santé procédait à la mise en œuvre d’une politique sociale de la gratuité des soins au profit des femmes et des enfants de moins de cinq ans, sur toute l’étendue du territoire national. Une mesure qui prenait en compte la gratuité des soins pendant la grossesse, les accouchements et césariennes, le dépistage des lésions précancéreuses du col de l’utérus et du sein et les soins pour les enfants de moins de cinq ans. A cela s’est ajoutée la gratuité des soins offerts par les Agents de santé à base communautaire (ASBC) en 2017 et la gratuité de la planification familiale qui y a été ajoutée en 2020. Selon Pr Léonie Claudine Lougué, cette évolution traduit toute une dynamique d’amélioration continue de l’offre des soins, signe d’une volonté d’aller progressivement, mais fermement et de façon résolue, vers un niveau de plus en plus relevé dans la satisfaction des besoins des populations en matière de santé. Elle a en outre, rappelé que le choix porté sur ces deux cibles de la gratuité, qui constituent 30% de la population burkinabè, s’explique par la mortalité élevée enregistrée au sein de ces couches vulnérables. Dès lors, « lever la barrière financière d’accès aux soins de santé apparait comme un impératif moral hautement social ». Cinq ans après sa mise en œuvre, la politique de gratuité des soins au profit des femmes et des enfants de moins de cinq ans aurait engrangé de nombreux acquis mais également des insuffisances, notamment avec la rupture en médicaments destinés à ces soins, d’où la nécessité de formuler des recommandations pour une meilleure prise en compte de la mesure dans les prochains agendas. A en croire  la ministre de la Santé, de 2016 à 2020, ce sont environ 70 millions de soins qui ont été administrés pour un coût global de 120 milliards de F CFA. Dr Pierre Yaméogo, secrétaire technique en charge de la couverture sanitaire universelle a, pour sa part, indiqué que cette gratuité a permis d’augmenter l’utilisation des services de santé de façon optimale et efficiente. Pour lui, quand on regarde l’échelle des enfants de 0 à 5 ans, le nombre d’enfants qui fréquentaient les centres sanitaires avant la mesure était,  en moyenne, un contact par enfant par an. Mais après, ce chiffre est multiplié par trois l’an. « Ce succès doit sa noblesse au fait que la barrière financière a été levée », a-t-il souligné.

A en croire, Dr Yaméogo, quand on parle de gratuité, les populations s’attardent sur les médicaments. Pourtant, affirme-t-il, ce sont cinq biens et services qui sont concernés par cette gratuité. Il s’agit des actes en l’occurrence les consultations et les interventions, les examens complémentaires que sont  la biologie, l’imagerie, les explorations et fonctionnelles, les séjours hospitaliers, les médicaments et autres consommables médicaux, l’évacuation à savoir le transport des patients d’un centre de santé à un autre. « De tous ces services, là où ça pêche, c’est effectivement la rupture en médicaments », a-t-il confié et de renchérir que « là, les populations peuvent avoir raison de penser que quand les médicaments ne sont pas disponibles, c’est comme si la gratuité n’existait pas, alors que les médicaments ne constituent qu’un élément parmi les cinq biens et services gratuits cités, sinon, les quatre autres biens et services sont à 100% de taux de satisfaction. »

En terme de perspectives, le ministère de la Santé souhaite élargir le panier de soins en incluant la prise en charge des cancers féminins, notamment les cancers du col de l’utérus et du sein, à l’horizon 2021. Toute chose qui sera possible avec l’opérationnalisation prochaine des centres de traitement des cancers par radiothérapie. Il souhaite également l’élargir aux urgences gynécologiques en incluant certains examens et consommables médicaux des personnes vivant avec le VIH/Sida. « Sinon, à l’heure actuelle, les ARV et les examens spécifiques pour le VIH sont gratuits. C’est uniquement concernant certains médicaments et certains examens qui ne le sont pas, qu’on voudrait inclure dans la gratuité », a-t-il laissé entendre.

 Didèdoua F. ZINGUE

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