Le 30 août 2025, au Soudan, le chef des paramilitaires, le général Mohamed Hamdane Daglo dit Hemetti, a été investi à la tête d’un gouvernement parallèle à celui du Conseil souverain du général al-Burhan. C’est dans la ville de Nyala, capitale du Darfour du Sud où les paramilitaires ont établi leur quartier général, que le général Hemetti a prêté serment devant un juge. Le Soudan en guerre depuis deux ans, vient de faire un pas de plus vers sa partition qui, par voie de conséquence, ramène la mise en place d’un gouvernement civil aux calendes grecques.
A preuve, de son côté, le gouvernement soutenu par le chef de l’armée, le général al-Burhan, basé à Port-Soudan et reconnu par la communauté internationale, a tenu son premier Conseil des ministres à Khartoum, la semaine écoulée. Son Premier ministre, Kamil Idris, a annoncé son intention de revenir dans la capitale dès le mois d’octobre quand l’aéroport sera rouvert. En tout état de cause, ce qui se passe actuellement au Soudan était plus ou moins prévisible surtout quand on sait qu’aucun des deux rivaux généraux que sont Hemedti et Al Burhan, n’est parvenu à neutraliser l’autre. Toutefois, la question de la reconnaissance du gouvernement parallèle de Hemetti reste posée.
Les efforts pour mettre fin à la guerre, stagnent encore
La communauté internationale a-t-elle encore de la poigne pour se faire entendre dans le crépitement des armes au Soudan ? Rien n’est moins sûr, d’autant qu’elle semble avoir tourné le dos au conflit qui paraît presqu ’oublié. Mais en attendant, l’Organisation des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a révélé, la semaine dernière, que plus de mille enfants ont été tués ou blessés par des mutilations graves en raison des frappes aériennes, des bombardements d’artillerie et des attaques terrestres. Malgré ces chiffres alarmants, les Forces de soutien rapide (FSR) affirment qu’elles « offrent aux civils suffisamment d’opportunités pour partir« .
Toute chose que nient et rejettent les organisations de droits humains et les acteurs humanitaires. Malgré des actions des institutions internationales limitées, les efforts pour mettre fin à la guerre, stagnent encore. Mais, si la partition de fait du pays pouvait sauver des vies et épargner les populations déjà meurtries par les affres de la guerre, alors pourquoi ne pas y aller ? Seulement, les risques sont énormes. Car, on l’a vu avec le Soudan du Sud qui, sitôt après avoir obtenu son indépendance, a mal à sa cohésion nationale.
Kiswendsida Fidèle KONSIAMBO