Ceci est un message de la SAGES à l’occasion de la Journée mondiale du livre pour enfant, célébrée chaque 2 avril. Lisez !
L’enfance, c’est l’avenir d’un peuple. L’enfance, c’est la pierre angulaire à ne pas déplacer. Comment façonner l’enfance pour le meilleur ? Quelle est la place de la littérature jeunesse dans ce processus ? Comment résorber la question du désintérêt à l’égard de la littérature et de la lecture par les jeunes ? La Journée mondiale du livre pour enfant, célébrée le 02 avril de chaque année, nous invite tous à une prise en compte de ce volet littéraire, non seulement dans les productions littéraires, mais aussi dans l’enseignement. Cette année, elle est placée sous le thème « lire à sa façon ». Commémorée diversement, on va jusqu’à offrir par exemple aux enfants la possibilité de venir à l’école déguisés en un personnage (…) d’un livre qu’ils aiment lire. »
La nécessité et l’importance de la lecture pour former l’intelligence de l’enfant et pour forger sa personnalité restent indéniables à plus d’un titre. Un esprit sain suppose un esprit serein, disposé et très sûr de détenir le bagage nécessaire à sa propre construction, mais aussi à l’édification de la nation. D’où la nécessité de l’acquisition du savoir, du savoir-faire et du savoir être. Cet ensemble, s’il se trouve dans l’éducation, il est davantage dans le livre, sève nourricière de l’éducation et de l’instruction par excellence. Comme je le soulignais dans mon roman Joyeux anniversaire :
« Chaque livre est une mine de métal précieux souvent ignorée par ses destinataires. Offrez-vous la chance de l’exploiter de fond en comble en lisant chaque jour, et vous trouverez le diamant qui s’y trouve. Le livre, c’est le diamant noir de la vie, c’est simplement la vie. Pour vous informer, vous former et vous affranchir de l’ignorance, lisez en tout temps, en tout lieu et en toutes circonstances, car la lecture libère.
Lire, c’est voyager en imaginaire à travers un monde jadis inconnu, c’est l’explorer en étant sur place ;
Lire, c’est pénétrer les entrailles du passé, du présent et du futur, sans y être et sans y avoir vécu.
Lire, c’est entrer dans les secrets cachés de l’univers, s’y accommoder et se fondre dans l’irréel pour découvrir le réel ; c’est percer le mystère voilé de l’infini, pour dompter dame nature et la plier à sa volonté.
Qui lie, connait l’homme. Lire, c’est juste conquérir le monde et devenir un grand savant, un trésor humain vivant, un héro de son temps. Offrez souvent des livres en cadeau pour donner ce goût de la lecture car, offrir un livre, c’est offrir le savoir ; offrir le savoir, c’est offrir le monde, c’est même parfois offrir la vie. Car, la lecture est l’épée de la connaissance ; la connaissance, l’épée du pouvoir ; et le pouvoir, l’épée de la vie ; alors, qui lit détient la vie ».
Alors, le livre revêt une importance capitale pour l’enfant, en ce sens que, de même que son corps a besoin de s’alimenter pour grandir, son esprit a besoin de se nourrir et de s’abreuver à la source du livre pour se développer et grandir à son tour. Le livre est pour l’enfant cette source vitale qui ne tarit jamais, celle qui le remplit de “l’humain” et de toutes ses composantes.
Cependant, le livre pour enfant figure parmi les denrées les plus rares au Burkina Faso. En effet, rares sont les écrivains ou auteurs qui s’intéressent à ce genre littéraire, pourtant, sans raisons apparentes. Et même quand il y a des productions, le manque de moyen financier et technique fait que l’on constate souvent des insuffisances dans la qualité, tant dans le fond que dans la forme et elles ne sont pas souvent adaptées au niveau, aux contextes socio- culturels de l’enfant qui se perd davantage dans sa quête du savoir. Par conséquent, beaucoup de livres ne produisent pas l’effet escompté sur l’enfant qui reste souvent toujours dans sa soif de découverte de nos cultures et de l’apprentissage par le livre. Ce tableau sombre qui dépeint la situation du livre et de la littérature jeunesse au Burkina Faso rappelle à chacun sa responsabilité dans ce combat contre l’ignorance. D’où la nécessité de mettre en place, des actions sur tous les plans pour booster cette littérature jeunesse en agonie.
Parmi les actions à mettre en marche, et sur le plan institutionnel, il faudra entreprendre la création et la promotion de bibliothèques de littérature jeunesse dans les écoles, les communes et quartiers pour les rapprocher des jeunes ; sans oublier la formation des acteurs et animateurs que sont les bibliothécaires,
les enseignants, etc, et s’assurer que ces espaces fassent des activités de promotion littéraire pour sensibiliser et intéresser la jeunesse à la lecture. La prise en compte de la littérature jeunesse dans les œuvres aux programmes scolaires pourrait être un tremplin à l’intérêt des jeunes pour la lecture de ces œuvres. La nécessité de promouvoir cette littérature par des sensibilisation dans les médias et réseaux sociaux et l’organisation de compétitions et concours littéraires avec des prix et récompenses à travers des foires, des marchés, des festivals, des salons du livre jeunesse, seront des atouts pour la promotion de cette littérature, et offriront des cadres de rencontre de tous les acteurs avec les jeunes. La Foire internationale du livre de Ouagadougou (FILO) est une plateforme qui offre déjà d’intéressantes opportunités de rencontres littéraires, mais elle n’accorde pas une place spéciale à la littérature jeunesse qui a besoin d’être prise en compte de façon spécifique. J’en appelle à la bonne volonté politique et institutionnelle pour faire de ce combat une affaire d’État, en vue de faire de cette littérature la pierre de lance d’une excellente éducation de base au Burkina Faso car, la personnalité, la connaissance et la culture générale de l’enfant en dépendent. Encourager les acteurs de tous les maillons de la chaine à s’y intéresser par un accompagnement technique et financier conséquent dans la création, l’édition, la production, la publication, la distribution et la promotion de ces œuvres sera d’un apport inestimable à l’atteinte de cet objectif.
En cette journée commémorative, j’ai une pensée positive pour tous les enfants déplacés, les réfugiés et tous ceux qui, pour une raison ou une autre, n’ont pas accès au livre. Je caresse le désir de voir un jour le livre pour enfant traverser les temps et les circonstances pour rejoindre chaque enfant aux confins d’un pays comme le Burkina Faso, jusqu’aux extrémités de la terre, pour le grand bonheur de tous.
Vive la jeunesse ! Vive le livre !
Vive la littérature jeunesse ! Vive la lecture !
Ouagadougou, le 02 avril 2025
Agathe Valentine Consuelo SINARE, Ecrivaine