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ELECTIONS DU 22 NOVEMBRE : « L’image du Burkina Faso ne doit point être écornée au niveau international », souhaite Jérémie Bationo

Ceci est le point de vue de l’enseignant-chercheur, Jérémie Bationo,  qui  interpelle toute la classe politique sur la tenue des élections du 22 novembre prochain sur leur responsabilité à tout mettre en œuvre de sorte à ce l’image du Burkina Faso ne soit point « écornée au niveau international ».

 « La campagne électorale est ouverte depuis ce 31 octobre. Trois semaines durant, les candidats à l’élection présidentielle et aux élections législatives arpenteront les différentes contrées du pays pour la pêche aux voix. Dans cette quête du suffrage, les électeurs auront droit à toutes sortes de promesses. Des plus réalistes au plus fantaisistes voire fantasques. C’est de bonne guerre. Il appartiendra aux électeurs de séparer la bonne graine de l’ivraie. Mais la cohésion sociale étant déjà quelque peu mise à rude épreuve, il reviendra surtout aux candidats de faire preuve de hauteur d’esprit pour ne pas jeter de l’huile sur le feu.

Six millions quatre cent quatre-vingt dix mille cent quarante quatre (6 490 144) électeurs répartis dans 21 155 bureaux devront départager 13 candidats à la présidentielle et 10 652 candidats aux législatives. Avant, pendant et après les élections, le sang d’aucun Burkinabè ne doit être versé pour des divergences politiques. Les biens publics et privés ne doivent point être saccagés. L’image du Burkina Faso ne doit point être écornée au niveau international. La démocratie burkinabè doit sortir gagnante et renforcée des différentes consultations. La liste pourrait être rallongée à souhait. Mais la chose la plus importante à retenir, c’est que tout doit être mis en œuvre par les différents protagonistes pour des élections apaisées, crédibles et transparentes. Pour séduire l’électorat, nul besoin de boxer son adversaire en dessous de la ceinture. Seuls doivent prévaloir le programme politique et la force des arguments. En ce sens, il convient de saluer le fait que les différents acteurs impliqués dans les prochaines élections (candidats, responsables de médias, d’organisations de la société, activistes,…) aient signé un pacte de bonne conduite le 26 octobre dernier pour des élections apaisées. « Les candidats s’engagent à soigner et à éviter tout propos haineux, stigmatisant et divisant. Ils s’engagent à recourir, en cas de besoin, aux organes légaux de gestion des conflits. Ils s’engagent à sensibiliser leurs militants à avoir un langage apaisant et rassembleur ». Précisions de Mathias Tankoano, président du Conseil supérieur de la communication (CSC). Le 22 novembre, l’histoire ne s’arrêtera au Burkina Faso. Elle connaitra bien au contraire un coup d’accélérateur. Il y aura forcément des gagnants et des perdants. C’est la logique de toute compétition. Aucun acteur ne devrait remettre en cause le processus de quelque manière que ce soit. De l’insurrection aux attaques terroristes en passant par la Transition, les Burkinabè ont vécu des moments difficiles. Les élections à venir sont donc porteuses de grands enjeux. Il faut consolider les acquis.

« Le futur Président du Faso n’aura guère d’état de grâce »

Engager des réformes en profondeur pour des résultats tangibles et concrets. Même si tout est prioritaire dans ce pays, les candidats sont particulièrement attendus sur 3 principaux axes à savoir la sécurité des Burkinabè, la croissance économique inclusive,  la réconciliation nationale. Le Président qui sortira des urnes devra être un vrai patriote car les 5 années à venir ne seront pas une sinécure. Au plan national, les attentes des citoyens sont nombreuses et pressantes. Au niveau sous- régional et international, le contexte est de plus en plus complexe. Le futur Président du Faso n’aura guère d’état de grâce. Il devra rapidement aller au charbon, faire preuve d’innovation et d’ouverture d’esprit afin de mettre le pays sur orbite avec tous les fils et toutes les filles du pays qui en sont disposés. Des 13 mousquetaires, les Burkinabè devront en toute conscience choisir le meilleur profil pour relever ces importants défis. Leur choix ne doit être vicié ni par la fraude, ni par la violence, ni par l’achat de consciences ou encore de quelque manière que ce soit. Dans de nombreux pays, les périodes électorales donnent lieu à des violences qui se traduisent par des destructions de biens publics et privés et par des pertes en vies humaines. Les cas guinéen et ivoirien sont suffisamment illustratifs. Le Burkina Faso, déjà durement éprouvé, doit absolument éviter de sombrer dans le chaos du fait de l’incurie de sa classe politique.

 Au cours de la campagne, les différents candidats devront aussi avoir à l’esprit la fragilité de la situation sécuritaire. D’importantes mesures ont déjà été prises pour la sécurisation des élections mais en matière de sécurité, aucune précaution n’est de trop. Le Conseil constitutionnel a constaté l’existence de « cas de force majeure » dans des localités de 6 régions représentant 17,70% du taux de couverture nationale. Le constat du Conseil constitutionnel s’appuie sur un rapport de la CENI qui a noté la présence de groupes terroristes dans les localités visées, l’absence de l’administration dans les zones affectées par le terrorisme, l’abandon par les populations de leurs sites d’habitation pour d’autres localités,… Dans leurs programmes de campagne, les candidats à la présidentielle ont tenu compte de ce contexte sécuritaire assez délicat. La vigilance devra être de mise durant tout le processus. Les consignes sécuritaires devront être strictement respectées. Rien ne sert de jouer au héros solitaire. Aux aguets, les ravisseurs n’en demanderont pas mieux ».

 Jérémie Yisso BATIONO

Enseignant Chercheur

Ouagadougou

 

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