En marge du Forum économique mondial tenu du 19 au 23 janvier 2026, à Davos en Suisse, l’Afrique du Sud a annoncé son « départ temporaire » du G20 qui réunit les principales économies mondiales. Ce retrait du pays de Nelson Mandela, intervient alors que les Etats-Unis assurent la présidence tournante du G20, pour l’exercice 2026.
On le sait, depuis le retour aux affaires, de l’actuel locataire de la Maison-Blanche, Donald Trump, les relations entre le pays de l’Oncle Sam et la Nation Arc-en ciel, ne sont pas au beau fixe. La plainte pour « génocide » déposée en 2023 devant la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye par l’Afrique du Sud contre Israël pour sa guerre à Gaza, la question des Afrikaners (les fermiers blancs), en Afrique du Sud où Trump dénonce l’existence d’un « génocide blanc », sans oublier l’imposition de taxes douanières de 30% par les Etats-Unis, en représailles, sur les produits sud-africains, ont fini par exacerber les tensions entre Washington et Pretoria. Et ce n’est pas tout. En effet, le sommet du G20 organisé le 22 novembre 2025 à Johannesburg, a été simplement boycotté par les Etats-Unis, en ce sens que ni le président américain ni un officiel américain, n’y ont pris part. Et non content d’avoir agi ainsi, le 47e président des USA avait laissé entendre, quelques jours seulement après ledit sommet, tenu précisément le 26 novembre, qu’aucune délégation sud-africaine ne serait invitée au prochain sommet qu’il accueillera dans son golf de Miami en Floride, cette année 2026.
L’Afrique du Sud entend bien réintégrer le forum en 2027
Face à autant de réalités, l’Afrique du Sud pouvait-elle faire autrement que de se retirer temporairement de l’organisation ? Assurément, non ! Elle a ainsi opté pour une posture de raison et nul ne saurait lui en tenir rigueur pour cela. « L’Afrique du Sud veut éviter tout problème, toute crise avec les Etats-Unis, et c’est une décision vraiment rationnelle », relèvent les autorités sud-africaines qui précisent que ce retrait ne devrait pas être interprété comme une rupture, mais comme une pause stratégique dans un contexte diplomatique délicat. En fait, Pretoria a pris les devants pour ne pas se faire humilier. Car, pour qui connaît Trump et ce dont il est capable, il vaut mieux prendre ses dispositions. Et, Pretoria l’a si bien compris qu’elle a choisi la voie de la sagesse. Toutefois, on regrette que ce pays, membre du G20 depuis sa création, et seul représentant du continent africain, soit absent de ce forum durant toute une bonne année. C’est dire si c’est toute l’Afrique qui y sera absente, dans la mesure où c’est la Nation Arc-en -ciel qui porte les préoccupations des pays émergents et du Sud global, notamment sur les questions de dette, de financement climatique et de développement durable.
Qu’à cela ne tienne, il ne s’agit que d’un retrait provisoire puisque l’Afrique du Sud entend bien réintégrer le forum en 2027, lorsque la présidence sera assurée par le Royaume-Uni.
Colette DRABO

