Umaru Sissoco Embalo, le désormais ex-président bissau-guinéen, est arrivé à Brazzaville, où le président Denis Sassou Nguesso l’a accueilli à bras ouverts. Umaro Sissoco Embaló, démis de ses fonctions par les militaires qui ont pris le pouvoir, avait d’abord trouvé refuge à Dakar avant de se rendre au Congo. Il est arrivé au Congo accompagné d’une douzaine de personnes de sa famille. Même si de nombreux observateurs pensent que le coup de force intervenu alors que la Guinée-Bissau attendait les résultats de la présidentielle, est une initiative du chef de l’Etat déchu, l’atmosphère socio-politique demeure toujours tendue et confuse avec à la clé, la prise d’assaut par des hommes armés de nombreux sièges de partis politiques dans la matinée du 29 novembre dernier.
C’est ainsi que le siège du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), et celui du Parti du renouveau social (PRS), parti du candidat Fernando Dias, ont été visés. « Les cadres du parti dénoncent le saccage des lieux et une tentative d’y introduire des armes pour fomenter de fausses accusations par la suite ». Fernando Dias, candidat soutenu par le PAIGC et qui revendique la victoire face à Embaló, se cache toujours dans un lieu tenu secret. Son allié, l’ancien Premier ministre Domingos Simões Pereira, est, quant à lui, toujours détenu dans les locaux du ministère de l’Intérieur.
Quels lendemains pour la Guinée-Bissau ? A la lumière du déroulé des évènements, tout se passe comme si le coup de force perpétré en Guinée-Bissau à la veille de la proclamation des résultats, a été fomenté par Embaló lui-même, qui voyait venir sa défaite. C’est, du moins, ce que relève l’ex- président nigérian, Goodluck Jonathan, en tant qu’observateur des élections en Guinée-Bissau. En effet, Umaro Sissoco Embaló sentant peut-être venir ses déboires judiciaires une fois qu’il ne serait plus aux affaires, a voulu évincer son adversaire en remettant tout simplement le pouvoir à l’armée qui s’est précipitée pour prêter serment et nommer un Premier ministre.
La voie du non-retour est-elle ainsi toute tracée pour la conservation du pouvoir ? Les prochains jours nous situeront. Mais il est navrant de constater qu’alors que la Guinée-Bissau était presqu’au terme d’un processus électoral, ce processus ait été stoppé net en faisant fi des suffrages des électeurs. Alors, que fera-t-on de la voix du peuple bissau-guinéen? La communauté internationale à travers la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine (l’UA) a, dans sa déclaration de principe, condamné ce coup d’Etat en Guinée-Bissau ; rien que ça ! De quels moyens dispose-t-elle pour faire changer la donne ? En tout cas, il faudra bien plus pour amener les nouvelles autorités à lâcher du lest.
Kiswendsida Fidèle KONSIAMBO

