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Coopération militaire : Paris envisage finalement un retrait de ses troupes au Niger

Comme l’a annoncé, hier en conférence de presse, le Premier ministre de transition Ali Mahamane Lamine Zeine, des négociations sont en cours avec la France pour le rapide retrait de ses troupes stationnées au Niger. Et selon des informations confirmées ce mardi par des médias français, Paris envisage finalement un départ, ne serait-ce que partiel, des effectifs de ses forces déployées dans le pays alors que jusque-là, la France s’était montrée intransigeante avec les nouvelles autorités militaires nigériennes. Les pourparlers en cours entre les autorités des deux pays confirment en tout cas que Paris est sur le point de prendre un virage dans sa posture à l’égard du nouveau pouvoir de Niamey.

« Des échanges qui sont en cours devraient permettre très rapidement à ce que les forces françaises stationnées au Niger se retirent », avait déclaré à la presse, hier lundi à son cabinet, le Premier ministre Lamine Zeine.  Le gouvernement nigérien ayant dénoncé des accords militaires avec Paris, a-t-il rappelé, ces forces françaises sont, par conséquent, « dans une position d’illégalité ».

Au lendemain de cette annonce, des sources françaises notamment le Journal ‘’Le Monde’’, ont annoncé ce mardi 5 septembre, que des pourparlers se tiennent désormais entre Paris et Niamey sur « un possible retrait d’une partie des effectifs des forces françaises au Niger ».

Le média français qui dit détenir l’information de plusieurs sources, a ajouté que l’une d’elles explique cette posture de la France par la fin de la suspension de la coopération anti-terroriste entre les deux pays. Le weekend dernier, la ministre française des Affaires Etrangères Catherine Colonna avait déjà indiqué, dans un entretien au ‘’Figaro’’, qu’il n’a plus d’opérations militaires conjointes entre les deux armées dans le pays en raison du climat diplomatique tendu entre le Niger et l’ancienne puissance coloniale.

Pour l’heure, ni les modalités, ni le nombre de soldats concernés par ce qui s’annonce à un véritable repli ne sont encore définis, mais le journal précise que « le principe était acquis ».

Revirement de Paris

Cette décision de Paris confirme ainsi les propos du Premier ministre nigérien sur les négociations en coures entre les autorités des deux pays bien que la France continue à nier toute légitimité aux tombeurs de son allié par excellence au Sahel, l’ancien chef de l’Etat Bazoum Mohamed. Elle constitue une véritable volte-face des autorités françaises qui se sont montrées jusque-là intransigeante face aux militaires de Niamey. Au point d’exacerber des relations diplomatiques très tendues depuis l’arrivée du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), la junte qui a renversé le président Bazoum suite au coup d’état du 26 juillet 2023.

Début août, les autorités nigériennes avaient dénoncé les accords de coopération en matière de défense et de sécurité qui liaient les deux pays. Conformément aux termes de ces accords, le délai imparti pour les troupes françaises de quitter le pays a commencé a expiré depuis le 2 septembre mais la France s’est refusée à évacuer ses soldats, estimant que « les putschistes de Niamey n’ont pas la légitimité pour faire une telle requête ». Le weekend dernier, des manifestations gigantesques se sont déroulées à la devanture de la base aérienne 101 de l’armée nigérienne, sise à Niamey, et qui abrite la Base aérienne projetée (BAP) des forces françaises au Sahel, ex Barkhane, pour exiger « le départ immédiat et sans condition des soldats français au Niger ».

A noter que la France compte environ 1.500 soldats stationnées au Niger où elles sont notamment déployées dans la capitale Niamey ainsi qu’à Ouallam et à Ayorou, dans la région de Tillabéri, zone des trois frontières.

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