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TGI Ouaga 1 : le Parquet requiert des peines exemplaires contre des propriétaires et gérants d’auberge

‎‎Le procès opposant le ministère public à OUEDRAGO Tasséré et vingt autres prévenus, poursuivis pour des faits de traite de personnes et de proxénétisme, a repris ce vendredi 30 janvier 2026 devant le Tribunal de grande instance Ouaga I, dans le cadre de la session du pôle économique et financier. Suspendue le 27 janvier dernier, l’audience a été consacrée aux réquisitions du parquet ainsi qu’aux plaidoiries des avocats.
‎Prenant la parole, le ministère public a longuement exposé la gravité des faits reprochés aux prévenus, en insistant sur la caractérisation juridique des infractions de traite de personnes et de proxénétisme. Selon le parquet, les éléments du dossier démontrent de manière claire l’existence d’un système organisé d’exploitation sexuelle, portant gravement atteinte à la dignité humaine et à l’ordre public.
‎S’agissant particulièrement du propriétaire du tristement célèbre site d’« Allatikouma », le parquet a requis sa déclaration de culpabilité pour traite de personnes et de proxénétisme. Il lui est reproché d’avoir accueilli, recruté et hébergé des personnes à des fins d’exploitation sexuelle, tout en tirant profit de la prostitution d’autrui. Le ministère public a précisé que chaque fille devait s’acquitter d’une somme hebdomadaire de 36 000 francs CFA, correspondant aux frais de chambre.
‎Poursuivant ses réquisitions, le parquet a rappelé qu’au cours des perquisitions menées sur le site, 202 chambres ont été recensées et 273 personnes interpellées. Parmi elles, 208 personnes se livraient à la prostitution, dont 20 mineures. Le ministère public a souligné que ces chiffres traduisent l’ampleur du phénomène et la nécessité d’une réponse judiciaire ferme et dissuasive.
‎Le parquet a également mis l’accent sur les conséquences néfastes de la prostitution, tant sur le plan sanitaire que social. Présent sur le site d’Allatikouma depuis 2003, ce phénomène, selon le ministère public, engendre des problèmes de salubrité publique et exerce une influence pernicieuse sur la moralité de la jeunesse riveraine, au point de banaliser la prostitution aux yeux des plus jeunes. Il a par ailleurs évoqué l’existence de trafics connexes, notamment la consommation de stupéfiants et un marché noir alimenté par des receleurs.
‎Abordant les conséquences humaines de la traite de personnes, le parquet a cité le cas d’une jeune fille de nationalité étrangère enlevée de son village à l’âge de 16 ans, puis conduite à Ouagadougou où elle a été contrainte à la prostitution.
‎Au regard de l’ensemble de ces éléments, le parquet a requis à l’encontre de la plupart des prévenus des peines privatives de liberté, la fermeture des sites concernés, la confiscation des objets scellés au profit de l’État, des amendes, ainsi que la reconduction à la frontière des prévenus étrangers à l’issue de l’exécution de leurs peines, conformément à l’article 214-4 du Code pénal.
‎Tour à tour, les avocats de la défense ont plaidé soit la relaxe pour infractions non constituées, soit la condamnation assortie de sursis, tandis que les prévenus, s’exprimant en dernier, ont sollicité la clémence du tribunal.
‎ L’affaire a été mise en délibéré pour être vidée le mercredi 4 février 2026 .
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