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LUTTE CONTRE LE TABAC : la direction de la promotion de la santé et la MABUCIG à couteaux tirés

La mise en œuvre de la loi et du décret  entrant dans le cadre de la lutte contre le tabac  connait un blocage au Burkina Faso à cause de son non-respect par la MABUCIG, l’entreprise nationale de tabac. Face à cette situation, le ministre de la Santé, Smaïla Ouédraogo, entouré de ses collaborateurs, a échangé le 19 novembre dernier à Ouagadougou, avec l’entreprise MABUCIG  afin d’amener celle-ci à respecter les textes. C’était en présence de la représentante résidente de l’OMS au Burkina, Alimata Jeanne Diarra- Nama, de l’union des associations de lutte contre le tabac, du ministère du Commerce, etc.

 

Le ministère de la Santé, à travers la direction de la promotion de la santé, et l’entreprise MABUCIG sont à couteaux tirés. La raison, la direction de la promotion de la santé reproche à la MABUCIG de ne pas mettre en œuvre le décret  qui découle de la loi anti-tabac  votée en 2010. « Le ministère de la santé et celui du commerce ont signé un arrêté conjoint portant sur  le conditionnement et l’étiquetage des produits du tabac au Burkina. Cet arrêté est un arrêté de mise en œuvre du décret  qui découle de la loi anti-tabac  votée en 2010.  Cet arrêté devait entrer en vigueur depuis le 7 avril 2016  et l’industrie du tabac et les importateurs devaient mentionner des images sur les paquets  de cigarettes visant  à sensibiliser la population  sur les méfaits de celles-ci.  Mais le constat est que jusqu’à nos jours, cela n’est pas fait. Ce que nous ne comprenons pas. Alors que dans des pays comme au Tchad,  la firme fabriquant les cigarettes, Impérial Tobacco, firme responsable de la MABUCIG au Burkina,  met en œuvre ces paquets.  On ne comprend pas pourquoi ce n’est pas le cas ici », a déclaré la directrice  de la promotion de la santé, Christelle Neya. Toute chose qui a amené le ministre a initié une  rencontre  de concertation entre les acteurs. « Ce débat était nécessaire parce qu’on s’est rendu compte qu’il y avait des incompréhensions », a dit le ministre de la Santé.

Une commission  restreinte mise en place

 

 Selon lui,  la  volonté  du gouvernement qui est de servir la population a prévalu à faire adopter à l’Assemblée nationale la loi anti-tabac et à faire adopter le décret en Conseil des ministres. Par conséquent, il n’y a pas de raison que les textes ne soient pas appliqués. « Le but est de faire en sorte que chaque citoyen sache dans quoi il s’engage en fumant. Qu’il fasse un choix libre de fumer  en connaissant les risques éventuels que cela implique », a laissé entendre le ministre qui a décidé de la mise en place d’une commission  restreinte composée entre autres de représentants du ministère de la Santé, du Commerce, de l’Economie,  qui aura un délai maximum de trois semaines pour déposer un projet d’arrêté de mise en œuvre de la loi et du décret  devant permettre à l’industrie de mettre en œuvre ce qui a été arrêté au niveau du gouvernement et du pays  dans le but de protéger la santé des populations.  Il faut signaler qu’un procès devait se tenir le 29 novembre prochain mais le ministre a fait savoir qu’une  demande sera formulée pour un report dudit procès le temps d’épuiser les discussions.  Il se dit confiant quant à la volonté tant du côté de l’entreprise du tabac que du côté du gouvernement  d’aller de l’avant.

Pour le président de la MABUCIG au Burkina, Laciné Diawara, certaines applications techniques de l’arrêté conjoint sont difficiles à mettre en œuvre.  « Nous avons  craint qu’on ne sorte un produit invendable  qui provoquerait la fraude  des cigarettes de la sous-région au Burkina  et nous avons attiré l’attention du gouvernement  pour dire qu’il serait bon  qu’on discute pour trouver un arrangement.  Car un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès », a-t-il.

 

Colette DRABO

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