Ça y est ! Après avoir remporté, sans coup férir, la présidentielle du 28 décembre 2025, Mamadi Doumbouya a été investi président de la Guinée, le 17 janvier 2026, au Stade Lansana Conté, situé dans la banlieue Nord de Conakry. Il a juré « devant Dieu, le peuple de Guinée et sur son honneur », de respecter et de faire respecter scrupuleusement la Constitution et les lois et règlements de justice de la République, et ce, en présence de ses homologues rwandais, gabonais, sénégalais ou encore malien, qui ont fait de déplacement de Conakry. La boucle est donc bouclée, pourrait-on dire, avec cette prestation de serment qui marque la fin du processus électoral. En effet, après 4 ans de transition, la Guinée renoue avec l’ordre constitutionnel – même si certains y trouveront à redire – interrompu un 5 septembre 2021, suite au renversement du pouvoir du président d’alors, Alpha Condé. Lors de sa prise de pouvoir, Mamadi Doumbouya, alors Lieutenant-colonel, avait promis de remettre le pouvoir aux civils, après une brève transition. La suite, quatre ans après, on la connaît. Maintenant qu’il a troqué le treillis contre le boubou, puis a été élu et investi président de la Guinée, que va faire Doumbouya, de son mandat de sept ans ? C’est la question que bien des observateurs se posent, estimant que le plus dur ne fait que commencer pour le jeune officier supérieur.
Devenu désormais le président de tous les Guinéens, Doumbouya gagnerait à les rassembler autour de lui
Car, maintenant qu’il s’est paré de son manteau de légaliste, les choses ne seront plus comme elles l’étaient avant. Liberté d’expression, liberté de presse, respect des droits humains, pour ne citer que ceux-là, sont des exigences auxquelles il devra faire face. Or, en Guinée, ces piliers élémentaires de la démocratie sont bafoués presqu’au quotidien sans oublier les opposants qui ont été contraints à l’exil. Doumbouya saura-t-il s’approprier ces exigences de la démocratie ? Saura-t-il réellement opérer sa mue ? En tout cas, Doumbouya a du pain sur la planche. Dans une Guinée où tout est matière à contestation, pourrait-il sereinement dérouler son mandat, au cas où son peuple lui demandait des comptes ? Rien n’est moins sûr. Mais on sait seulement que devenu désormais le président de tous les Guinéens, il gagnerait à les rassembler autour de lui. Il semble l’avoir si bien compris qu’à l’issue de son investiture, il a appelé ses compatriotes à l’unité, au travail et à la solidarité. En tout cas, c’est connu qu’aucune nation ne peut se construire sans ces valeurs et le ton doit être donné par le chef de l’Etat qui doit commencer par desserrer l’étau et travailler à répondre aux aspirations profondes de son peuple. C’est à ce prix qu’il aura la confiance de ses compatriotes.
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