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Intérêts civils du procès Sankara : l’Etat burkinabè réclame plus d’un milliard de F CFA aux accusés et la famille Sankara, un franc symbolique

Les plaidoiries pour les intérêts civils au procès de l’assassinat de Thomas Sankara et ses 12 compagnons d’infortune ont débuté ce lundi 25 janvier 2022, au tribunal militaire de Ouagadougou. Plaidoiries au cours desquelles l’Agent judiciaire de l’Etat (AJE), qui s’est constitué en partie civile réclame 1 145 462 048 FCFA pour réparation du préjudice subi et la famille Sankara, un franc symbolique.

A la reprise des plaidoiries pour les intérêts civils dans le cadre du procès Thomas Sankara et ses 12 compagnons, l’Agent judiciaire de l’État (AJE) qui s’est constitué en partie civile a estimé que le préjudice subi par l’Etat burkinabè est énorme. De l’attentat à la sûreté de l’Etat en passant par l’inaction de l’Etat suite, l’AJE cite des préjudices moraux, matériels et économiques. En effet, en dehors de la famille Sankara, l’Etat a payé en guide de dédommagement la somme de 430 millions de FCFA, 5 millions pour la réparation de la porte du secrétariat du Conseil de l’Entente, 7 millions pour les 200 munitions utilisées, etc.

Pour le coût général des préjudices moraux, matériels et financiers, l’Etat réclame à Blaise Compaoré, Gilbert Diendéré ainsi qu’aux autres condamnés, la restitution de 1 145 462 048 FCFA. Des réclamations qui n’ont pas été du goût de la défense s’est inscrite en faux des plaidoiries de l’AJE. Pour Me Olivier Yelkouni, avocat du conseil du Gal Gilbert Diendéré, la requête de l’AJE en tant que partie civile est irrecevable. Selon lui, l’Etat a été inactif et demande à ce qu’il soit condamné au civil parce qu’il est civilement responsable. Au cas où la Chambre viendrait à recevoir la requête de l’AJE, qu’il le déboute des réclamations demandées en guise de préjudice aux motifs qu’elles sont mal fondées. A en croire Me Yelkouni, cette demande ressemble à une sorte de « fantaisie », car aucun document ou aucune facture n’a été fourni attestant, par exemple, la réparation d’une porte à hauteur de 5 millions de FCFA.

« La famille de Thomas Sankara ne réclame rien »

Depuis l’ouverture du procès le 11 octobre 2021, c’est la première fois que la défense et la partie civile parlent le même langage. En effet, sur la responsabilité de l’Etat dans le procès, les avocats de la partie civile ont estimé que les actes commis le 15 octobre 1987 ne sont pas détachable du service. Pour Me Prosper Farama, le matériel utilisé appartenait à l’Etat, les victimes étaient dans l’exercice de leur fonction, le conseil de l’Entente était également une caserne militaire appartenant à l’Etat. « J’attends qu’on puisse me démontrer que ce qui s’est passé le 15 octobre 1987 est détachable de l’Etat », a-t-il indiqué.

Pour Me Bénéwendé Stanislas Sankara, l’un des avocats de la famille Sankara, leur combat était fondé sur la recherche de la justice et la vérité. « Nous avons obtenu, en partie, la justice et la vérité. A ce titre, la famille Sankara ne réclame rien », a-t-il déclaré. Selon lui, la famille Sankara souhaite recevoir, « 1 franc la symbolique » pour préjudice moral subi. En ce qui concerne le préjudice matériel, Me Sankara a demandé à ce que l’État soit constitué civilement responsable et condamner Blaise Compaoré et Gilbert Diendéré à payer 50 millions de F CFA au titre de frais de déplacement, d’hébergement, de restauration et autres, aux avocats de la partie civile inscrits au barreau des pays étrangers à savoir Me Olivier Badolo du barreau de Canada, Me Anta Guissé et Me Ferdinand N’zepa du barreau de Paris. Quant aux avocats de la famille Sankara du barreau du Burkina, ils demandent des honoraires à titre de frais de service sans pour autant fixer le montant.

De l’avis de Me Sankara, la famille Sankara demande à l’Etat burkinabè, la restitution des biens et divers matériels de Thomas Sankara saisis. Il s’agit notamment de son alliance, son album photo, son pistolet, son journal confidentiel, et bien d’autres objets.

Les plaidoiries étant achevées avec l’épuisement des interventions de toutes les parties au procès, le délibéré est attendu le 10 mai prochain à partir de 10h au Tribunal militaire de Ouagadougou.

Didèdoua Franck ZINGUE

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